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Création de l'organisme électoral: La crédibilité de Martelly mise en doute [Haiti Observateur](Haiti Observateur Via Acquire Media NewsEdge) La communauté internationale, surtout les principaux bailleurs de fonds d'Haïti, ne cessent d'insister sur la nécessité de la tenue, avant la fin de cette année, des élections pour le renouvellement du tiers du Sénat. Faisant monter les pressions d'un cran, le Canada, par l'entremise de son ambassadeur à Port-au-Prince, a réitéré la demande de la formation sans délai de l'organisme électoral. Lors d'une intervention publique à la capitale haïtienne, jeudi dernier (28 mars), le chef de la mission diplomatique canadienne en Haïti, Henry Paul Normandin, a pressé les autorités haïtiennes de créer le Collège transitoire du Conseil électoral permanent (CTCEP), entité qui sera chargé d'organiser les élections sénatoriales et locales. Toutefois, d'ores et déjà, l'intégrité du futur conseil électoral est mise en doute, en raison des faits troublants entourant l'organisme électoral présidé par Gayot Dorcinvil; mais aussi a cause de la désinvolture affichée par les pays assurant le financement du scrutin face aux fripouilleries imputables au gouvernement Martelly-Lamothe en ce qui a trait aux allégations de fraudes entourant le dernier CEP. En effet, de nombreux secteurs nationaux haïtiens s'insurgent contre le silence de la communauté internationale à l'égard des fraudes et irrégularités dont ont été systématiquement entachées les élections organisées de 1995 à 2010. Dans la majorité des cas, l'intervention directe des étrangers dans les décisions ayant déterminé les résultats donne aux Haïtiens l'impression de subir les choix de leurs dirigeants faits par l'extérieur. Autrement dit, ils s'estiment forcés d'accepter des hommes et des femmes imposés par ceux qui financent les élections. Car, par le biais de leurs diplomates ou des observateurs électoraux déployés durant les élections, les pays dits amis d'Haïti s'érigent en «faiseurs de roi et d'empereurs », en ce sens qu'ils inspirent les choix des élus proclamés par les conseillés électoraux. Pour ce faire, ils n'hésitent pas jusqu'à encourager la violation de la Constitution et des lois électorales. On se rappelle d'heureuse mémoire les fraudes massives du scrutin de 2000, lorsque le président René Préval avait osé proposer à Léon Manus, le président du Conseil électoral, de favoriser les candidats Lavalas. Face à l'hésitation de ce dernier, il lui fit comprendre qu'une telle décision y allait de sa vie. Les hommes et femmes appelés à servir à titre d'observateurs des élections sous la supervision de l'Organisation des États américains (OEA) avaient cautionné ce scrutin frauduleux, en dépit des protestations soulevées par l'observateur Orlando Marville du Trinidad, qui en avait singulièrement relevé des fraudes massives. Pour ces élections, de même que pour celles d'avant et les suivantes, l'attitude des bailleurs de fonds consistait à avaliser un mauvais scrutin plutôt que de ne pas en avoir. Par de telles décisions, le peuple haïtien s'était vu imposer des résultats qui n'auraient jamais été soutenus par ces entités internationales dans aucun autre pays. Pour les élections supervisées par le CEP de Gayot Dorcinvil, celles qui ont porté Sweet Mickey à la présidence, où il y a eu pléthore de fraudes, les bailleurs de fonds n'ont point exigé que l'intégrité du processus soit garantie par les autorités. Les conseilleurs électoraux ont été fort aise de la pusillanimité de la communauté internationale. Face à ce comportement, les futurs membres du CEP attendent leur tour de monnayer le processus, prenant ainsi les élections pour une occasion de récolter des pots de vin. Quant au peuple haïtien, il interprète le silence des pays ayant financé les élections comme une caution du brigandage électoral. En effet, pensant qu'il est de bonne guerre d'intervenir dans la politique haïtienne, les diplomates étrangers basés en Haïti ont gardé le silence lorsque avaient été prises des dispositions pour poursuivre Gayot Dorcinvil et d'autres conseillers électoraux pour détournements de fonds et corruption. Aussi la poursuite judiciaire mise en branle contre Dorcinvil et ses coreligionnaires a-t-elle été envoyée aux calendes grecques. Loin d'être l'objet des justes sanctions qu'elle mérite, toute l'équipe du dernier CEP a, au contraire, bénéficié de la protection du président Martelly, celui qui avait promis d'apporter le changement dans la pratique politique aussi bien que dans l'administration publique du pays. La complaisance des fournisseurs du financement pour ces joutes conforte les dérives du régime en place, au risque même de donner l'impression que, aux yeux de la communauté internationale, Haïti doit se contenter d'une « démocratie faite sur mesure ». Dans le cadre de la logique de cette démocratie au rabais, les amis d'Haïti ne semblent cas trop se formaliser de la mise a sac du CEP. Certes, les représentants de la communauté internationale en Haïti ont tourné le regard de l'autre côté lorsqu'à été cambriolé le dépôt du CEP. Ont été alors volés 460 portables (laptops), 160 panneaux solaires, 207 cartes d'extension de mémoire et 88 piles, propriétés de l'institution électorale. Aucun questionnement de sa part non plus, des détournements de fonds réalisés contre l'organisme électoral. Décidément, la tenue des élections en Haïti peut être considérée comme la saison des récoltes pour les hommes et femmes investis de l'autorité de les organiser et de les superviser, suivant les normes démocratiques universellement établies. Aussi, les gens du pouvoir font-ils doublement le plein. D'abord, en rançonnant les candidats désireux de se faire élire; ensuite en détournant les fonds et les équipements mis à la disposition du pays par les pays amis. L'histoire des dernières vingt années est riche en exemples démontrant que la corruption et le brigandage s'érigent en système. Les contribuables des pays fournisseurs de millions financent ces élections de manière récurrente. Sans poser de question. De telle sorte que suivant le schéma adopté en Haïti, le cycle de la corruption et du vol continue et se renouvelle d'un scrutin à l'autre. En clair, donc, la tolérance des actes criminels perpétrés au sein du Conseil électoral de Gayot Dorcinvil par le gouvernement MartellyLamothe ne donne aucune garantie que l'intégrité du futur CEP sera sauvegardée. De même que le silence des bailleurs de fonds à l'égard du pouvoir et de l'institution électorale. Si la communauté internationale se soucie du destin de la démocratie en Haïti et aspire à justifier les millions dépenses à cette fin, elle doit manifester cet intérêt en tenant les dirigeants haïtiens responsables des forfaits commis dans la gestion des élections. Ainsi parviendra-t-on à la mise en place d'un organisme électoral qui inspire confiance à tous; et qui assure le respect des pays qui pressent les autorités haïtiennes à créer le Collège transitoire du Conseil électoral permanent. Étape susceptible d'annoncer la tenue d'un scrutin honnête, sincère, juste et authentiquement démocratique. Autrement, la crédibilité du président Martelly met à risque l'honnêteté du prochain scrutin. Creating the electoral body, Martelly's credibility in doubt The international community, especially Haiti's major backers, continues to insist on holding the election to renew a third of the Senate before the end of this year. By increasing the pressure another notch, Canada, through its ambassador in Port-au-Prince, reiterated the demand for forming the electoral body without delay. At a public intervention in the Haitian capital last Thursday (March 28,) Henry Paul Normandin, the head of the Canadian diplomatic mission in Haiti, urged the Haitian authorities to establish the Transitional College of the Permanent Electoral Council (French acronym CTCEP,) entity that will be responsible for organizing senatorial and local elections. However, already the integrity of the future electoral council is in doubt because of disturbing facts surrounding the electoral body chaired by Gayot Dorcinvil, but also as a result of the carelessness displayed by the countries funding the ballot in the face of roguishness attributable to the Martelly-Lamothe Government in regard to fraud allegations surrounding the last election board. In fact, many sectors among Haitian nationals are protesting against the silence of the international community concerning fraud and irregularities which systematically flawed the elections held from 1995 to 2010. In most cases, direct intervention of foreigners influenced decisions which determined the outcome of the vote, giving the impression that the choices of Haitian elected officials were imposed by outside forces. In other words, they feel obligated to accept men and women forced upon them by those who finance elections. Because, through their diplomatic election observers deployed during the vote, the so-called friends of Haiti set themselves up as "kings and emperors makers," in the sense that they inspire choices proclaimed by election officials. To achieve this, they don't hesitate even to encourage the violation of the Constitution and the electoral laws. We vividly remember the massive fraud incurred in the 2000 election, when President René Préval had dared to propose to Léon Manus, President of the Electoral Council, to skew the results in favor of Lávalas candidates. Faced with the reluctance of the latter, Mr. Préval made it clear that his unwillingness to comply would be at great risk to his own life. The men and women called to serve as election observers under the supervision of the Organization of American States (OAS) had endorsed the fraudulent election results, despite protests raised by Trinidadian Observer Orlando Marville, who had singularly noted massive fraud. For this election, as well as those before and after, the attitude of donors was to endorse a bad ballot rather than not having one at all. By such decisions, the Haitian people had been subjected to the imposition of results that would never have been supported by these international entities in any other country. For the election supervised by the CEP chaired by Gayot Dorcinvil, which carried Sweet Mickey to victory for the presidency, and where there has been a plethora of fraud, donors haven't demanded that authorities guarantee the integrity of the process. The electoral councilors felt comforted by the cowardice of the international community. Faced with this behavior, future CEP members are waiting their turn to monetize the process, thus taking the election for an opportunity to collect bribes. As for the people of Haiti, the silence of the countries which financed the process is interpreted as an endorsement of electoral brigandage at the expense of the people of Haiti. Indeed, thinking it is fair game to intervene in Haitian politics, foreign diplomats based in Haiti remained silent when steps were initially taken to prosecute Gayot Dorcinvil and other electoral advisers for misappropriation of funds and corruption. Thus the lawsuit triggered against Dorcinvil and his fellow CEP members was postponed indefinitely. However, far from being the subject of just sanctions they deserve, the entire latest CEP team has enjoyed President Martelly's protection, who had promised to Dring change in political practice as well in the country's public administration. The complacent attitude of providers of funds for election reinforces the excesses of the regime, even at the risk of giving the impression that Haiti must settle for a "custom-made democracy." Within the logic of this secondrate democracy, the so-called Friends of Haiti don't seem to mind the sacking of the CEP Certainly, the representatives of the international community in Haiti have turned their eyes the other way when 460 laptops, 160 solar panels, 207 memory expansion cards and 88 batteries, properties electoral institution, were stolen; not questioning even the issue of the embezzlement of its funds. Obviously, the elections in Haiti can be considered as the harvest season for men and women invested with the authority to organize and supervise the electoral process, in accordance with universally established democratic rules. Also, people of power are engaged in double dipping: first by fleecing candidates wanting to get elected; then by diverting funds and equipment given to the country by friendly countries. The history of the last twenty years is full with examples of how corruption and banditry are melded into a system. Taxpayers in the donor countries repeatedly foot the bill for millions invested in these elections, no questions asked. So, according to the scheme adopted in Haiti, the cycle of corruption and theft continues and renews itself one election after another. Clearly, therefore, the tolerance of criminal acts within the Election Council chaired by Gayot Dorcinvil by the Martelly-Lamothe Government gives no guarantee that the integrity of the future CEP will be assured; as well as the silence of donors in relation to misbehavior of those in power and officials of the electoral Doard. If the international community cares at all about the fate of democracy in Haiti and aims to justify millions spent to this end, it must show such interest in holding the Haitian leadership responsible for crimes committed in the management of elections. This way, we'll succeed in establishing an electoral board that inspires the confidence of all; and which ensures respect for the countries urging Haitian authorities to establish the Transitional College of the Permanent Electoral Council. Such a step will allow an honest, sincere, fair and truly democratic election to take place. Otherwise, President Martelly's credibility will most certainly put at risk the honesty of the next vote. (c) 2013 Haiti Observateur |
